jeudi 24 septembre 2009

Guilbert

Atelier d'écriture du 24/09/09
Contrainte : un fil conducteur sur lequel raconter une histoire - 35 minutes pour écrire. Arrivée de Guilbert à la gare. Achat d'une revue. Dans le train des réflexions lui traversent l'esprit en lisant cette revue. Arrivée en gare de Paris Gare de Lyon et retrouvailles avec sa fiancée : joie. Au bout d'un moment la fiancée lui annonce une triste nouvelle : déception de Guilbert.


Revenant de son pélerinage à St Jacques de Compostelle, Guilbert se sentait tout à la fois apaisé par cette expérience dont il avait si souvent rêvé, mais aussi très excité et un rien anxieux de revenir à son ancien rythme de vie. Il se savait un peu différent à présent, mais malgré tout, il faudrait vite reprendre pied pour finaliser l'organisation de son mariage avec Joséphine.
En transit à la gare de Lyon Part Dieu pour la dernière partie du retour sur Paris, il acheta Paris-Match et sauta dans le train.
Rarement touché par le poids de ses mots, il aimait toujours à laisser son esprit vagabonder autour des photos.
Visiblement la terre n'avait pas changé de sens de rotation durant son absence : les même nantis encombraient les pages faisant face aux publicités pour des montres de luxe... les même pays en guerre coinçaient leurs photos troublantes entre le sommaire et l'édito.
cette fois-ci, la beauté d'un paysage attira son attention.
Il était question d'une île dans un recoin des Caraïbes, un petit bout de terre que français et hollandais se partageaient depuis longtemps. Pas son idéal de vacances à vrai dire, mais la destination de rêve pour sa Joséphine.
Il s'arrêta sur la première photo.
Au rythme du TGV, sans prêter attention au paysage qui défilait, faisant fi des gloussements des étudiantes derrière ou des ronflements de la vieille de devant... il se prit à rêver de partir... avec Joséphine... de l'amener dans cette île où elle avait appris à marcher.
l'annonce de l'arrivée du train à Paris gare de Lyon le sortit tout juste de ses pensées. Tout à son nouveau projet, il sauta sur le quai pour chercher des yeux sa dulcinée.
Bien szûr, la joie de se revoir après ces quatre mois de séparation fit passer quelques instants au second plan sa nouvelle idée, de toute façon il envisageait d'en faire une surprise.
dans le métro qui les ramenait chez eux à la Celle Saint Cloud, ils eurent du mal à se quitter des yeux, tout occupés à chercher dans le regard de l'autre la confirmation que la séparation n'avait rien changé...
... et l'ascenseur était toujours aussi étriqué...
... et les voisins toujours aussi peu aimables...
... et les chats toujours aussi collants...
... et le téléphone toujours aussi bruyant...
Guilbert pris un bain chaud pour se décrasser de son long voyage, et reprendre quelques instants le cours de sa rêverie.
Lorsqu'il réapparu dans le salon, Joséphine avait dressé une gourmlande table à picorer tout en discutant, elle le regarda avec un sourire plein de tendresse etun brin de tristesse dans les yeux, elle brandit la revue qu'il avait achetée à Lyon. "Tu as lu ça? j'avais rêvé que nous irions à Saint Martin pour notre voyage de noces mais l'île a été ravagée par un cyclone... des centaines de morts... un paysage lunaire... Il passera du temps avant que je puisse espérer y retourner dans l'île de mon enfance!"
La gorge de Guilbert se noua. Il essaya timidement "Pragues? Ca te dirait Pragues?"
Joséphine secoua négativement la tête "On va y réfléchir, on n'est pas pressés" et elle changea de sujet.

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